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Thème 1 - Chapitre 3: Le PIB et sa croissance, la mesure de l'activité économique

Le Produit Intérieur Brut (PIB)

 Définition et calcul:

  • Le produit intérieur brut mesure la richesse nouvelle créée sur le territoire d'un pays pendant un laps de temps donné, généralement un an.

 

Pour calculer le PIB, on additionne la richesse créée dans le cadre des productions marchandes par les entreprises (PIB marchand) et la richesse générée par les productions de services non marchands des APU et ISBLSM (PIB non marchand).

 

  • Le PIB marchand s'obtient en additionnant les Valeurs Ajoutées des entreprises.

Rappel : VA = Valeur de la production (quantités produites X prix de vente) - Consommations Intermédiaires

 

  • Comme il n'est pas possible de mesurer la Valeur Ajoutée des productions non-marchandes (on sait que leur prix de vente est nul ou non significatif cf. Chapitre 1 ), on additionne leurs coûts de production des APU et ISBLSM (associations) pour obtenir le PIB non-marchand. Le traitement (salaire) des fonctionnaires est donc comptabilisé dans le PIB non-marchand.

 

PIB en valeur et PIB en Volume:

Retournez à la formule de la VA: Si l'on se contente de calculer le PIB en valeur (ou PIB à prix courants ou PIB nominal), l'augmentation des prix (ce qu'on appelle l'inflation) peut donner l'impression que la richesse produite a augmenté alors qu'on a produit le même nombre de biens ou services. Or le PIB doit nous indiquer comment se comporte la production dans le pays.

Pour corriger ce biais (=ce défaut) on peut calculer le PIB en Volume (ou PIB à prix constant ou PIB Réel) en utilisant les prix en cours l'année précédente (ou quelques années en arrière). On déflate, c'est-à-dire qu'on retire les effets de l'inflation. 

 

Exemple:

Avec un pays imaginaire qui produirait uniquement des voitures.

En 2000, il produit 200 voitures vendues chacune à 10 000 €. Imaginons qu'il n'y ait pas de CI car il produit lui-même tous les composants nécessaires.

Son PIB en valeur (ou nominal ou à prix courants) est de 2 000 000 €.

 

En 2010, le pays produit  250 voitures mais les prix ont augmenté et elles se vendent désormais à 12 000 €. 

Son PIB en valeur (ou aux prix courants de l'année) est désormais de 250 X 12 000 = 3 000 000 d'€

 

Son PIB en valeur a donc progressé de 1000 000 d'€ en 10 ans. Mais cette progression compte à la fois l'effet de l'augmentation de la production et celle des prix.

Pour avoir un résultat plus juste, il faudrait calculer le PIB de 2010 avec les prix de 2000. On parlera alors de "PIB à prix constants 2000":

250 X 10 000 = 2 500 000 €. C'est un PIB en volume ou PIB réel.

Le PIB a bien augmenté, mais moins que selon le premier mode de calcul. 

 

 Avec une économie nationale et de nombreux biens et services produits, on utilise l'indice des prix pour connaître la variation des prix et déflater. Nous y reviendrons plus tard.

 

Pourquoi s'intéresser au PIB ?

 

  • Il permet de faire des comparaisons au niveau international: on peut le calculer pour tous les pays de la même manière. Cela permet de savoir quels sont les pays qui produisent annuellement le plus de richesses sur leur territoire et donc leur importance dans l'économie mondiale.

 

 

 

 Cette carte du FMI utilisée en classe fait apparaître les pays de différentes couleurs en fonction du niveau de leur PIB (Gross Domestic Product = Produit intérieur brut en anglais) en 2005. Les pays dont le PIB est supérieur à 2000 Milliards (Billion = Milliard en anglais) de Dollars apparaissent en bleu marine. La France fait partie de ce petit club de pays avec L'Allemagne, La Grande Bretagne, les USA, la Chine et le Japon.

 

 

Rang

Pays

PIB 2014 (milliards $)

1

États-Unis

17 438

2

Chine

9 761

3

Japon

5 228

4

Allemagne

3 747

5

France

2 863

6

Royaume-Uni

2 627

7

Russie

2 215

8

Brésil

2 170

9

Italie

2 148

10

Canada

1 887

Source :  Fonds Monétaire International

Ce tableau réalisé par le FMI classe les pays selon l'importance de leur PIB nominal estimé pour l'année 2014 et permet de comprendre pourquoi l'on décrit la France comme la cinquième économie Mondiale: son PIB est le 5ème PIB le plus élevé au monde (depuis, le Royaume-Uni nous a doublé). L'Union Européenne n'est pas un pays et ne figure pas dans le tableau. Si elle y était (on peut additionner les PIB de tous les pays membres), elle arriverait légèrement devant les États-Unis. On peut considérer que l'économie européenne est la première économie du Monde.  

Le club des pays dont le PIB est supérieur à 2000 Milliards de dollars s'est élargi: Russie, Brésil et Italie qui apparaissaient en bleu foncé sur la carte de 2005. 

 

  • Mais le PIB est également intéressant au niveau intérieur car il permet aux gouvernements et aux économistes de prévoir:

-> le niveau de l'emploi. Si le PIB augmente, c'est qu'on a produit davantage et donc qu'il a peut-être fallu embaucher des travailleurs supplémentaires. A l'inverse, une baisse du PIB implique presque toujours des licenciements.

->le niveau des revenus distribués dans l'économie. La valeur ajoutée des entreprises (et donc le PIB marchand qui les additionne) est distribuée sous forme de revenus du travail et du capital. Si le PIB augmente, on distribue davantage de revenus dans l'économie. C'est plutôt positif !  

-> le niveau des impôts prélevés: Si l'on produit davantage, les impôts sur les entreprises seront plus élevés. De la même manière, plus il y a de revenus distribués, plus les recettes fiscales seront importantes (impôts sur le revenu, TVA lorsque les ménages dépensent leurs revenus). L’État pourra donc financer davantage de projets ou réduire son déficit. Voire augmenter les professeurs... :) 

 

D'une manière générale, l'évolution du PIB permet de connaître l’État de santé de l'économie d'un pays.

C'est bien pour cela qu'on s'intéresse à la croissance du PIB !!!

 

La croissance du PIB

 

La croissance (on parle de croissance ou de croissance économique ou croissance du PIB, c'est la même chose), c'est la variation du PIB exprimée en % (généralement d'une année sur l'autre).

 

Lecture : Si on dit qu'en 2013, la croissance française a été de 0,4%, cela veut dire que le PIB de la France a augmenté de 0,4% par rapport au PIB de 2012.

Le taux de croissance est un simple  taux de variation (vous pouvez faire les exercices) du PIB.

 

Un taux de croissance de - 2% signifie que le PIB a baissé de 2%.

 

La difficulté avec le taux de croissance vient du fait que nous ne sommes pas habitués à décrire ou à commenter des taux de variation.

Voici les principaux termes qui permettent de décrire la croissance et les précautions à prendre :

 

  • Une variation et donc la croissance peut être forte (ou rapide), faible (ou lente), positive ou négative. 

ex:

Taux de 4% de croissance : la croissance est forte (le PIB a augmenté rapidement)

Taux de 0,2% de croissance : la croissance est positive mais faible (le PIB a faiblement augmenté, on parle aussi de stagnation du PIB)

Taux de  - 0,5 % de croissance : la croissance est  légèrement négative (le PIB a baissé légèrement)

Taux de - 3% de croissance : la croissance est fortement négative (le PIB a baissé fortement ou rapidement)

 

  • Pour parler de variations successives, on parle d'accélération ou de ralentissement de la croissance:

ex:

Si la croissance est de 3% en 2012 et de 1,5% en 2013, la croissance a ralenti en 2013 (le PIB a augmenté plus lentement en 2013 qu'en 2012).

Attention: une croissance plus faible ne signifie pas que le PIB a baissé : le PIB ne baisse que si le taux de croissance est négatif, on parle alors de récession (définition de l'Insee : "la récession est une période de recul du PIB sur au moins deux trimestres consécutifs". S'il y a un trimestre de baisse puis une reprise au trimestre suivant, on ne parle pas de récession économique).

 

Si l'activité repart après une période de récession, on parle de reprise économique

 

Si la croissance est de 1% en 2007 et de 2% en 2008, la croissance a accéléré (le PIB a augmenté plus rapidement en 2008 qu'en 2007). 

 

Exercice d'entraînement:

Année

2000

2001

2002

2003

2004

Taux de croissance (%)

1,8

2,5

1,4  

 -   2

0,9

Commentez le taux de croissance

 

 

 

 

Ex : le taux de croissance est positif. On ne peut pas comparer avec 1999 car on n’a pas le chiffre pour cette année.

En 2001, la croissance a…

En 2002, la croissance a…

 

 

Expliquez comment le PIB a évolué.

Le PIB a augmenté à un rythme normal en 2000.

En 2001, le PIB a…

 

 

 

 

 Corrigé.

 

Attention, pour décrire une différence entre deux taux de variation, on utilise les points de pourcentage.

Ex:

Si la croissance en 2010 est de 2% et qu'elle est de 4% en 2011, on dit que la croissance en 2011 est supérieure à celle de 2010 de 2 points de pourcentage.

On ne peut pas dire que la croissance en 2011 est supérieure de 2% à celle de 2010.

 

De la même manière, si la croissance allemande est de 3% et celle de la France de 1%, la croissance allemande est supérieure à la croissance française de 2 points de pourcentage.

 

Pour aller plus loin en attendant d'autres exercices:

  • Une brochure de l’Insee sur le PIB simple et bien réalisée (jusqu'à la page 7 surtout mais vous pouvez aller jusqu'à la fin).

 

  • Une vidéo de "Dessine-moi l'éco" qui reprend le mode de calcul du PIB, le PIB nominal et réel et 'autres notions.

 

 Bon week-end !

 

Une autre vidéo de la Cité de l'économie qui reprend bien les éléments du cours et introduit quelques limites du PIB comme indicateur.

 


Mise à jour 29/10

L'équilibre emplois-ressources :

l'équilibre emplois-ressources est une égalité comptable macro-économique que l'on vérifie toujours en fin d'année.

PIB + M = C + I + X + variation des stocks

 

Pourquoi y a-t-il toujours équilibre entre les emplois et ressources:

Tout ce qui a été produit et importé (les ressources du pays ou l'offre globale) a été utilisé d'une manière ou d'une autre par les agents économiques (ce sont les emplois ou  la demande globale).

Pour faire simple, un bien produit a correspondu à une consommation, à un investissement ou à une exportation. Si ça n'est pas le cas, le bien a été stocké.

 

Vous trouverez ici une animation réalisée par un professeur de SES de l'académie qui permet de comprendre cela.

 

Un document présentant "le Pib et les opérations sur biens et services" établi par l'Insee montre généralement deux choses :

  •  le montant des différentes agrégats (PIB, Importations, exportations, consommation finale, FBCF...). On constate généralement que la plus grande partie de la production a répondu à une demande des ménages (consommations finales des ménages). 
  •  l'évolution des différents agrégats d'une année sur l'autre : on trouve bien-sûr la croissance économique (variation du PIB) mais aussi l'évolution des autres variables (FBCF, CF, M, X et stocks) qui permettent de comprendre et d'expliquer la croissance, sa vitesse ou parfois l'absence de croissance ou une croissance négative.

 

De manière pratique, pour un élève de la série ES, ce type de document doit permettre d'établir des relations entre différentes variables et donc de décrire des mécanismes précis.

C'est-à-dire qu'on doit passer de : "c'est la crise donc le PIB baisse" (ce que tout le monde peut dire en début d'année et qui est très imprécis) à "la Consommation Finale des ménages s'est contractée de 5% en 2009, ce qui a freiné la croissance. De leur côté, les exportations ont progressé de 3% grâce au dynamisme de la demande extérieure, ce qui a permis de limiter la baisse du PIB."

 

Si l'on sait ce qui explique l'évolution des différentes types d'agrégats, on peut même aller plus loin. Reportez-vous à votre cours pour retrouver ce qui fait évoluer la CF des ménages, la FBCF des entreprises, les importations, etc...

Pour résumer (au niveau de la demande interne), les principales décisions des ménages et des entreprises sont liées à la santé de l'économie et à leur anticipation de l'avenir. Si l'économie va mal et que le chômage augmente, les ménages sont incertains face à l'avenir (il est possible qu'ils perdent leur travail), on dit que leur moral est bas : ils vont généralement moins consommer (ils repoussent le changement de leur véhicule) et investir (ça n'est pas le bon moment pour acheter un logement).

Si la consommation baisse ou stagne, les entreprises n'ont aucun intérêt à produire plus et donc à investir dans de nouvelles machines. Au cas où la consommation finale se redresserait, les entreprises peuvent se montrer prudentes et ne pas relancer leurs investissements tout de suite.

Elles vont d'abord écouler les stocks constitués pendant les périodes précédentes. Certaines variables sont donc liées entre elles.  

 

Exercice pour s'entraîner :

 

Le PIB et les opérations sur biens et services en 2013. Insee, comptes nationaux.

 

Variation en % entre 2012 et 2013 (en volume)

Produit intérieur brut (PIB)

0,3

Importations

1,7

Consommation finales des ménages

0,6

Consommation finale des administrations publiques

1,6

Formation brute de capital fixe dont :

- 1

FBCF des ménages

-0,9

FBCF des entreprises

-3,1

FBCF des APU

1

Variations de stocks

- 0,2

Exportations

2,2

 Essayez de décrire les évolutions et d'expliquer la variation du PIB.

Corrigé.

 

Les limites du PIB

 

Certaines apparaissent dans les vidéos mises en ligne un peu plus haut.

 

Le PIB, indicateur pratique pour effectuer des comparaison internationales et évaluer la santé de l'économie n'est pas un indicateur parfait. On distingue des limites comptables et des limites de sens.

·         Les limites comptables:

le PIB ne comptabilise pas: l'économie souterraine (activités illégales et légales non déclarées), la production domestique qui ne donne pas lieu à une rémunération ou à une vente, le bénévolat (non rémunéré).

Le PIB comptabilise mal: les productions non-marchandes car leur prix n'est pas significatif et on ne comptabilise que les coûts de production des activités non-marchandes.

Le PIB sous-estime donc les richesses créées !

·         Les limites de sens: (le PIB est sensé comptabiliser des richesses mais)

- le PIB ne fait pas la différence entre des activités socialement utiles (éducation, production de nourriture) et celles qui sont nuisibles (production de cigarettes, d'armes...)

- le PIB augmente suite à des évènements catastrophiques comme une marée noire ou des inondations (parce qu'on dépollue et qu'on répare)

- le PIB ne fait qu'additionner et on ne retire pas les conséquences nuisibles des productions (pollution, épuisement des ressources)

- le PIB ne renseigne pas sur la répartition des richesses, le niveau de vie ou le bonheur des habitants.

 

Le PIB comptabilise donc comme des richesses des productions qui n'en sont pas et des productions qui ont des conséquences nuisibles. Il n'est qu'un indicateur quantitatif et ne prend pas en compte la qualité des productions ou l'amélioration des conditions de vie.   



09/10/2015
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